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Les collecteurs interviennent à un endroit stratégique de la chaîne de production de plants de pomme de terre. Ils assurent le lien entre les producteurs de plants et la demande : grossistes, distributeurs ou encore producteurs de pommes de terre de consommation. Sur leurs différents marchés, ils doivent connaître très précisément les besoins pour organiser la mise en terre, livrer les produits dans la qualité souhaitée et les services attendus. Des attentes différentes sur le marché professionnel, le marché jardin, celui de l'export, ou du bio. Dans tous les cas, il faut bien maîtriser la logistique, organiser des contrôles systématiques, veiller à la qualité visuelle des plants et répondre aux attentes des clients.
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Sommaire
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Dans le Haut-Bocage vendéen, la C.A.H.B.V. est une structure de collecte de plants de pomme de terre qui a augmenté récemment sa production de 30 %. Elle pourrait encore développer ses ventes, mais l'exiguïté de ses locaux de stockage ne lui permet pas aujourd'hui de produire plus. Pas question d'acheter du plant à des producteurs extérieurs, c'est interdit par les statuts.
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Thierry Boissinot
Président de la C.A.H.B.V. (85)
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Aujourd'hui, cette coopérative qui regroupe 34 producteurs met en marché environ 5 200 tonnes de plants chaque année, soit la production de 190 ha. Les plants sont à 80 % destinés à des grossistes et reconditionneurs qui alimentent le marché du jardin. Pour le président Thierry Boissinot, "Ce succès, c'est le résultat d'une politique de qualité". La qualité, c'est autant la qualité sanitaire des plants qui est régie par des normes et que tout le monde respecte, que "Le respect de nos engagements". Engagements de livrer dans les délais des plants irréprochables quant aux critères demandés par les clients.
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Un contrôle visuel avant et après stockage
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"Nous avons ici des avantages pour la production de plants, le Haut-Bocage vendéen n'est pas une région de production de pommes de terre de consommation. Cela limite les risques sanitaires".
De plus, les règles de production souhaitées par la coopérative ont toutes les chances d'être appliquées dans tout le département puisque cette entreprise réunit tous les producteurs locaux. Ils adhèrent tous aux 3 mêmes structures, le syndicat des producteurs de plants, une unique CUMA pour le matériel spécifique à la production des plants et enfin à la coopérative. Comme le souligne Michel Devillaine qui sera amené à remplacer Jean-Luc Billaud, le Directeur de la coopérative : "Dès la récolte, toute la production rentre dans nos murs, aucun des producteurs ne stocke chez lui. Ainsi, sur l'ensemble de la production, les mêmes conditions de contrôle, de stockage, sont appliquées. Ceci donne à nos plants une grande homogénéité".
Dès la réception, les lots sont triés manuellement après passage devant un banc de contrôle. Thierry Boissinot précise : "Nous avons préféré faire deux équipes à mi-temps plutôt qu'une équipe à plein temps. Pour les femmes chargées de ce travail, la vigilance est meilleure durant 4 heures par jour que pendant 8 heures. Les consignes sont strictes : tout plant qui présente des traces de blessure, de maladie ou de pourriture est éliminé. Les lots sont ensuite stockés dans nos frigos jusqu'à la livraison".
Pas question de livrer les lots tels quels. Avant expédition, ils repassent à l'observation et au tri. "Cela à un coût, mais c'est le prix de la qualité, nous préférons éliminer les plants douteux avant expédition, plutôt que d'avoir à gérer un problème par la suite".
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Une parcelle, c'est l'origine d'un lot tracé
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Michel Devillaine
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La traçabilité de la production est totale indique Michel Devillaine : "Un lot, c'est une variété et une seule parcelle. Il fait l'objet de nombreux enregistrements sur l'origine de la semence, mais aussi sur le précédent, les façons culturales, la fumure, les problèmes sanitaires, les traitements, la date de défanage, etc. En station, on note l'appréciation visuelle à la réception sur différents critères comme la propreté, la présentation... ".
Les techniciens sont très présents lors de la production. "Les jeunes producteurs notamment n'hésitent pas à nous demander conseil dès qu'ils souhaitent être confortés dans leur décision d'intervention. Nos conseils portent principalement sur les.phpects sanitaires, l'épuration, le pilotage de l'irrigation, la fertilisation et la date de défanage".
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Contrôle de la maturité avant le brûlage
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Avec cette organisation et cette politique de qualité, la coopérative pourrait donc encore se développer, mais le pas n'est pas encore fait comme nous l'indique Thierry Boissinot : "Pour nous cela représente un grand virage à prendre, nous sommes contraints de nous implanter sur un nouveau site, c'est un challenge pour les années à venir".
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Sylvain Lenglet
Responsable commercial des Etablissements Desmazières (62)
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La S.A. Desmazières, basée dans une région à forte production de pommes de terre, exerce le métier de collecteur. Elle met en multiplication chez des producteurs de plants des variétés dont elle a l'exclusivité. Parallèlement à cette activité de production, l'entreprise développe d'importants efforts commerciaux, pour faire gagner des parts de marché aux variétés dont elle a le monopole.
À la S.A. Desmazières, pas de hangars, ou de frigos surdimensionnés, par contre il existe des cellules de stockage adaptées aux spécificités de chacune des variétés. En fonction des besoins du marché, une grosse partie de la production, du stockage et du conditionnement se fait directement chez les producteurs.
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Il s'agit d'une entreprise tout entière orientée vers ses clients comme l'explique Sylvain Lenglet : "Notre challenge quotidien, c'est de mettre en oeuvre tout ce qui améliore la satisfaction de nos clients".
Qui dit satisfaction client, dit nécessairement politique de qualité. "Nous considérons que les normes officielles constituent une base solide, mais que désormais, pour être à l'optimum, ce n'est pas suffisant. Pour l'agriculteur utilisateur de nos semences, tout doit se dérouler sans souci de la livraison jusqu'à la fin de la culture".
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Une exigence qui impose d'ajuster la technique de production et de conservation des plants avec la mise en place d'un protocole draconien de contrôle.
"Désormais les plants sont conservés en frigo et cela peut avoir une conséquence sur la germination. Nous devons parfaitement appréhender cette incidence. Tous les lots de plants sont prélevés trois fois par an : une fois au moment de la récolte, une fois à la période de Noël et une fois en février avant la livraison. Nous avons donc dans nos locaux des salles de germination qui nous permettent d'évaluer ces risques".
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Les clients attachent de plus en plus d'importance à l'aspect des plants
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Des plants qui doivent être faciles à utiliser
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Les besoins des clients ne portent pas uniquement sur la faculté germinative, ils veulent aussi des informations de plus en plus précises. "Nos clients ont des exigences qui augmentent sans cesse. Ils attachent une importance grandissante à l'aspect des plants. Ils veulent des calibrages de plus en plus précis et une information de qualité sur le nombre de tubercules par lot".
Les contrôles réalisés sur les parcelles de multiplication de plants permettent de vérifier leur état sanitaire et de noter l'éventuelle présence de maladies et de parasites. En fonction des normes officielles, chaque lot de semences est contrôlé afin de déterminer sa qualité intrinsèque (viroses, maladies de quarantaine...) et en fonction des résultats, le lot accède ou non à la certification.
Pour Sylvain Lenglet, le souci du "service client" va au-delà des normes officielles. "Ainsi, nous sommes amenés sans cesse à échanger avec les techniciens SOC pour décider de l'orientation de chaque lot". Une collaboration fructueuse pour les producteurs de plants et les producteurs de pommes de terre.
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Après la récolte, de nombreux contrôles
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Camille Perriol
Gérant des Etablissements Perriol (26)
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Implantés dans la vallée du Rhône, les Établissements Perriol commercialisent des plants de pomme de terre pour le marché amateur des jardiniers et pour les professionnels de la distribution et leurs producteurs.
Ils produisent une partie de ces plants et collectent environ 100 ha. Pour l'entreprise, cette activité est plus récente que celle de conditionneur. La production de plants se fait principalement en Haute-Loire, en Limagne et dans la Loire. "Nous confions notre multiplication le plus souvent à de petits producteurs, il existe peu de grosses structures agricoles dans notre région. Cela induit des coûts de production plus importants et oriente notre commercialisation vers les marchés adaptés. Il est assez difficile de trouver des producteurs de plants, les accidents climatiques comme ceux de l'an passé pénalisent fortement les rendements. En 2003, ils ont été de 40 % inférieurs à ceux de l'année précédente".
Comment dans ces conditions garantir la qualité ? "Pour trouver des producteurs motivés et engagés dans la qualité, nous faisons des contrats de trois ans ce qui les aident notamment à monter leur projet d'investissements en matériel spécifique".
L'activité principale de l'entreprise est la commercialisation de plants pour les jardiniers amateurs : "Une partie de notre production va servir à approvisionner ce marché".
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Les jardiniers amateurs, une part importante du marché
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Pour un "amateur", la qualité visuelle compte beaucoup
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Toujours pour la qualité, l'entreprise a mis en place de longue date une traçabilité qui permet d'avoir une bonne connaissance des lots qu'elle commercialise. Toutefois, pour le marché des petits conditionnements pour les jardiniers, les critères classiques de qualité sont insuffisants. "L'aspect du plant est déterminant pour le marché amateur. Nous avons renforcé notre dispositif de contrôle qualité par une analyse de tous les lots à leur arrivée. Cela occupe une personne à temps plein en saison. Ce contrôle porte plus particulièrement sur l'aspect du plant (calibrage, germes, gales, etc). Pour le marché amateur, les distributeurs veulent un beau produit, à l'image de leur magasin, que ceci ait une conséquence sur la qualité réelle du plant ou non".
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Pour le jardinier amateur, l'aspect du plant compte énormément
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Pour ces clients, les informations nécessaires sont de plus en plus nombreuses.
Pour cette activité, l'entreprise fonctionne comme une plate-forme logistique. Les différents pôles sont les chambres froides, les germoirs, l'espace de fabrication et de préparation. "La distribution souhaite être livrée plus fréquemment, par petites quantités. Elle ne peut plus assurer un bon stockage des produits. C'est pourquoi, en saison, nous avions de véritables norias de camions aux quais de l'entreprise".
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La semence bio, un marché qui évolue
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Un des.phpects originaux des établissements Perriol est de travailler depuis 1985 sur le marché des plants biologiques. "Notre premier objectif était de répondre aux besoins des producteurs bio de la région Rhône-Alpes. Il existe peu de collecteurs de semences bio. Un besoin se faisait sentir".
Une collaboration a pu être établie avec des producteurs de semences bio qui manquaient a contrario cruellement de débouchés : "Ce sont des producteurs qui sont situés au pied du Mont Gerbier-de-Jonc et du Mézenc. Actuellement, la production est assurée par trois producteurs qui travaillent de manière véritablement professionnelle".
Aujourd'hui, la production de la pomme de terre bio de consommation est assurée en partie par de nouveaux producteurs : "Ils n'ont souvent qu'une partie de leur exploitation en culture bio. Ils livrent dans des circuits de distribution classiques. Ces nouveaux venus au bio ont des besoins que nous avions à satisfaire". Il existe encore aujourd'hui une tolérance en production bio de ne pas utiliser du plant bio. Ceci dans la mesure où le producteur peut apporter la preuve qu'il ne trouve pas du plant bio sur le marché. "La création du site GNIS (www.semences-biologiques.org) sur les disponibilités en semences bio devrait nous aider à développer ce marché. La tolérance passée liée au déficit de production de plants n'a plus sa raison d'être, nous espérons donc un développement des ventes".
À court terme, les établissements Perriol proposeront aux jardiniers amateurs de la semence bio. Un petit marché aujourd'hui mais qui sait demain ?
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Alfred Kervegant
Gérant des Etablissements Kervegant (22)
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Les établissements Kervegant sont basés à Yffiniac dans les Côtesd'Armor.
Les 2/3 de leur production sont vendus à l'exportation, principalement sur le Maghreb et le Moyen-Orient. Le premier client est l'Egypte. Cette exportation se fait par la société Unisélection. Alfred Kervegant nous donne les particularités de son métier.
"Pour nos marchés, la principale difficulté, c'est la maîtrise de la logistique. Le challenge commence chez le producteur dès le départ du plant. Un seul hectare de plants de pomme de terre représente un volume important : entre 1 et 2 camions semi-remorque. Nous devons ensuite constituer des chargements complets de 1 000 à 2 000 t pour l'expédition par bateau. Ce qui complique, c'est que nos acheteurs demandent des livraisons de plus en plus précoces, dans des bateaux frigos avec des lots parfaitement palettisés".
Ces derniers temps, les contraintes du marché export se sont durcies.
"Le travail à l'exportation présente la particularité de se faire sur une période plus courte qu'en France. Elle se faisait traditionnellement de fin septembre à fin janvier. Désormais, les délais se sont réduits. Les 2/3 de nos livraisons se font avant le 15 décembre. C'est une véritable course contre la montre".
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Des chargements de plus en plus précoces pour l'export
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Les surprises sanitaires sont toujours possibles
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Les marchés à l'exportation sont des marchés plus risqués que les marchés locaux. "Sur nos régions d'exportation, on peut toujours avoir des surprises, sanitaires notamment. Un lot peut être refusé après avoir fait des milliers de kilomètres pour des maladies non détectées avant l'embarquement, des maladies qui existent ou n'existent pas".
Les marchés à l'export présentent d'autres particularités : "La demande porte essentiellement sur des variétés du domaine public, elles sont susceptibles d'être produites par beaucoup de monde. La sélection par les acheteurs se fait davantage sur les prix que sur des produits moins banalisés. Heureusement d'autres critères rentrent en ligne de compte. La qualité du plant joue son rôle et le niveau de qualité des plants français est un atout. La maîtrise de la logistique est également déterminante".
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Contrôle de plants en vue d'exportation
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