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Pour une production de pommes de terre, le poste "plants certifiés" représente un montant très important. Chaque agriculteur se doit de gérer au mieux son exploitation et il n'est donc pas surprenant que l'on ait vu réapparaître la production à partir de plants fermiers. Une pratique qui est légale et acceptée au niveau européen. Plus les surfaces sont grandes plus l'investissement pour une exploitation est important. Nous avons interrogé 3 producteurs qui font entre 65 ha et 110 ha de pommes de terre. Ils sont tous des chauds partisans du plant certifié. Ils nous disent pourquoi.
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Sommaire
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Jean-Paul Devulder
Producteur à Neuflize dans les Ardennes
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Cela fait maintenant 9 ans que Jean-Paul Devulder produit de la pomme de terre de consommation. Il y consacre 100 ha sur les 600 ha que compte son exploitation. Cette production occupe une place capitale dans son activité et il s'est organisé pour commercialiser non seulement sa production, mais aussi celle d'autres agriculteurs. La totalité de ses surfaces de pommes de terre est ensemencée avec du plant certifié. Un plant français dans sa très grande majorité. C'est un partisan convaincu du plant certifié.
"Pour moi, l'utilisation de plants certifiés est absolument incontournable. Pour plein de raisons. La première c'est d'éviter les problèmes sanitaires. Le risque est trop élevé et le bénéfice faible. Je produis dans le cadre de contrats de culture raisonnée, régie par des règles AFNOR. L'utilisation de plants certifiés est obligatoire. La deuxième raison, c'est qu'il est indispensable que les sélectionneurs, qui créent les variétés dont nous aurons besoin demain, puissent bénéficier des ressources liées à l'utilisation des plants certifiés. Enfin, la dernière raison est économique. En utilisant du "rataplant", on cherche à diminuer ses coûts de production. Cela se traduit inévitablement par une baisse du prix de vente et finalement on ne gagne rien. Si je crois plus que jamais en l'utilisation de plants certifiés, c'est qu'elle entre dans le cadre de productions contractuelles avec des règles précises qui ont aussi pour but la protection du consommateur. Nous lui devons la sécurité sanitaire. Ce qui compte en définitive, c'est de satisfaire le consommateur.
Avec la recherche, nous avons déjà considérablement amélioré l'aspect des tubercules et demain nous aurons besoin de lui offrir de nouveaux progrès".
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Pierre Klein
Producteur à Missy-lès-Pierrepont dans l'Aisne
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Pierre Klein consacre environ 110 ha de son exploitation à la production de pommes de terre. C'est il y a presque 20 ans qu'il s'est lancé dans cette production. Il bénéficie donc d'une grande expérience. "J'utilise le plant certifié à 100 % depuis toujours. Notre coopérative l'exige dans le cadre de la traçabilité. Elle nous livre la semence et nous la facture en fonction des dimensions de la parcelle qui sont mesurées par un géomètre. On n'a pas le choix... et c'est bien ainsi".
Lorsque l'on demande à Pierre Klein des arguments en faveur de la semence, il reste un moment sans répondre. "C'est tellement évident que j'ai du mal à répondre". Il finit par lâcher "c'est vital" ... "Le plant, c'est ce qui fait la réussite de la culture. Il y a bien sûr la qualité sanitaire, mais les plants français apportent une vraie garantie ... on n'a pas de problème. Le deuxième point très important, c'est son énergie germinative. Le plant, c'est un produit vivant, délicat. Les conditions de stockage jouent un rôle très important. Selon les variétés, la température idéale n'est pas la même. Les variétés doivent être plus ou moins incubées. J'ai pu observer des différences de tonnage très importantes selon la qualité germinative du plant. Disposer de plants d'excellente qualité, c'est la clef".
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Michel Leroux
Producteur à Grivesnes dans la Somme
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"Cela fait 25 ans qu'on n'utilise plus de plants fermiers, autant dire depuis que je me suis installé".
Dans son exploitation au GAEC, Michel Leroux consacre 65 ha à la production de pommes de terre. "A l'époque, on a étudié la question, et on a vu que ce n'était pas intéressant de produire son plant. Il nous manquait des surfaces et il était préférable de consacrer les hectares dont nous avions besoin à la production de pommes de terre de consommation. Aujourd'hui, à dire vrai, on y réfléchit même plus, il faut que l'on me pose la question pour y penser à nouveau".
Lorsqu'il prend le temps de la réflexion, pour les conditions économiques et techniques d'aujourd'hui, le premier point qu'il cite pour l'utilisation de plants certifiés, c'est le fait de pouvoir être "plus réactif". Il peut choisir ses variétés beaucoup plus tard. D'autres constats viennent ensuite : "faire du plant, c'est un vrai métier, il faut devenir un spécialiste. Il y a des gens qui le font correctement autant leur faire confiance... Je travaille avec des gens sérieux. Une fois, sur un lot, il y a eu des problèmes. Mes plants ont été immédiatement changés avant même que je les mette en terre".
Le risque sanitaire est ce qu'il faut éviter à tout prix. "Semer du rataplant, c'est prendre un vrai risque. Le plant certifié, c'est une sécurité. Je ne dis pas qu'il n'est pas parfois un peu cher, mais la qualité sanitaire est primordiale".
Cette qualité, Michel Leroux constate qu'elle a évolué favorablement. "Aujourd'hui, avec le plant français, on ne prend pas de risque". C'est pourquoi, il continuera d'acheter du plant certifié, sans hésitation.
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Les exigences des acheteurs, français et étrangers, se sont accrues ces dernières années pour répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité. L'introduction du lavage, par exemple, aujourd'hui généralisé, a profondément modifié le panier des variétés travaillées. La qualité de présentation est devenue essentielle, parfois trop exclusivement.Actuellement, le respect de l'environnement et la garantie de la qualité sanitaire deviennent très importants. Et l'on redécouvre la qualité gustative. C'est pourquoi le CNIPT a conçu des outils de gestion de la qualité susceptibles de répondre à ces attentes. Une norme AFNOR sur les "Bonnes pratiques de production dans la filière pommes de terre de conservation", préparée avec l'Institut technique de la pomme de terre et homologuée en 2000, vise à mettre en place la "production raisonnée" en pommes de terre de consommation. Cette norme est aujourd'hui référencée par toute la distribution. De même, le CNIPT a préparé une norme sur la réception et des règles de segmentation. Complémentairement, la filière met progressivement en place la traçabilité, qui sera obligatoire le 1er janvier 2005. Il est évident que rien de tout cela ne peut se mettre en place de manière crédible sans une garantie de bonne qualité des plants, sur le plan sanitaire, évidemment, mais aussi sur le plan commercial, et sans une assurance de leur authenticité variétale. Cela n'est possible qu'avec l'utilisation du plant certifié, qui est donc exigé par ces démarches. N'oublions pas non plus que la dynamique de la filière consommation, réelle depuis 15 ans, n'est possible qu'avec une recherche variétale forte, dont les créations sont protégées et financées. Si la filière française est devenue en moins de 10 ans leader en Europe, c'est bien sûr grâce à ses investissements, mais aussi parce qu'elle apporte des garanties à ses acheteurs en matière de qualité, notamment sanitaire.
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