Etre producteur de plants, c'est un métier bien particulier. Il demande des compétences, une attention et des soins bien supérieurs à ceux de la production de tubercules pour la consommation. Un travail qui se fait en étroite collaboration avec les techniciens agréés.



Sommaire

 




Bernard Fourdinier
Producteur de plants à Verton dans le Nord Pas-de-Calais


"Je me considère éleveur, non pas d'animaux, mais de plants de pommes de terre."

Lorsque Bernard Fourdinier parle de son métier de producteur de plants, qu'il exerce "depuis toujours", on sent qu'il y met de la passion et y consacre beaucoup d'énergie.
S'il se compare à un éleveur, c'est parce que produire des plants demande une attention et des soins quotidiens tout au long de l'année et pendant plusieurs années, comme en élevage. "Nos clients comptent sur nous pour leur mettre à disposition des plants d'excellente qualité, que l'année soit sèche, qu'elle soit humide ou que ce soit une année à virus. Cela ne se fait pas tout seul. Produire à partir de souches cultivées in vitro, c'est une attention sans défaillance durant 4 à 5 ans."



"Avec le technicien de contrôle, nous ne sommes pas une semaine sans nous rencontrer"



Bernard Fourdinier pense que les conditions de la production ont évolué avec le temps, notamment les relations de travail avec le technicien agréé.
"Dans le temps, il était perçu comme un contrôleur et la démarche visait à passer les contrôles sans problème.
Aujourd'hui, c'est une véritable relation de partenariat. Chaque fois que j'ai le moindre souci, je l'appelle. Il est particulièrement à mes côtés en période de végétation pour faire des tours de champ, il fait des visites régulières pour contrôler l'absence de parasites de dégénérescence. Il revient encore contrôler les lots en bâtiment, lors du triage et avant l'expédition.
"

Même si les relations sont chaleureuses, chacun exerce ses propres responsabilités. "Il ne laissera rien partir sans être sûr de la qualité. Il engage sa responsabilité, car il délivre le certificat. Pour moi, c'est une garantie, je suis sûr d'avoir des clients satisfaits".



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Valère Pinson
Producteur de plants à Mizeray dans l'Eure-et-Loir




Valère Pinson est un jeune producteur de plants de pommes de terre. A la recherche d'une diversification de ses productions, il a choisi la production de semences du fait de l'intérêt qu'il porte aux productions très techniques et des caractéristiques de ses terres.
On peut dire qu'il a fait preuve d'une véritable détermination pour être au meilleur niveau de cette nouvelle production. On est convaincu lorsque l'on regarde les investissements massifs qu'il a réalisés pour satisfaire aux exigences. Le montant est d'environ 300 000 euros (plus de 2 millions de F) pour 25 ha à 30 ha de plants. La liste des achats d'équipements spécifiques est tout bonnement impressionnante.
"Cela concerne tout d'abord la plantation : une fraise pour la préparation du sol, pour faire des billons et une planteuse à courroie pour planter les gros calibres."





"J'ai également investi dans du matériel qui permet de faire une fertilisation localisée, ainsi que dans une arracheuse, un déterreur, un remplisseur de pallox, une station de pompage et le matériel d'irrigation avec une rampe pour économiser l'eau."

"A cela, il faut encore ajouter un frigo de 800 tonnes, des palloxs, une trémie de réception, un calibreur, une table de visite, une peseuse, une machine à coudre pour la fermeture des sacs et enfin un remplisseur de big bag".

La capacité d'investissement n'est pas la seule condition pour produire du plant, encore faut-il que l'exploitation elle-même soit acceptée. Avant d'être autorisée à produire, elle a fait l'objet d'un bilan sanitaire du fait des précédents culturaux.



Des investissements spécifiques pour la production de plants



Un travail en commun avec les techniciens agréés


Ces contrôles sanitaires sont aujourd'hui encore plus réguliers. Tous les ans, les parcelles pressenties pour la production de plants font l'objet d'une recherche de nématodes à kyste. De même, l'isolement est vérifié, il ne doit pas y avoir de production de pommes de terre de consommation à proximité pour éviter les contaminations par les pucerons.

"Compte tenu des dimensions de mon exploitation, la rotation est longue : sur une même parcelle, le plant n'est produit qu'une fois tous les 5 ans".
Valère Pinson parle avec chaleur des relations avec les techniciens. "C'est vraiment un travail en commun, ce sont des gens très compétents. Ils sont là presque toutes les semaines."
Pour lui, le nombre de contrôles qui sont réalisés tout au long de l'année est impressionnant. "Il y a une traçabilité très poussée. Nous remplissons des fiches cultures. Au moindre problème, on peut remonter à la source. Il y a de quoi rassurer les acheteurs de plants".



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