Le plant français de pomme de terre FNPPPT Gnis

Dégâts de traitements

(Chemical Damages)

Des traitements mal appliqués peuvent avoir des conséquences plus ou moins graves sur les cultures de pomme de terre avec parfois des répercussions sur la descendance de la culture, ce qui implique de les prendre en considération lors de l'inspection et des notations des cultures.

Dégâts d'herbicides (Herbicides damages)

Les dégâts dus aux herbicides s'observent généralement sur le feuillage.

Lorsque les dommages sont dus à l'herbicide utilisé sur la culture de pommes de terre, les symptômes sont souvent caractérisés par un jaunissement de l'extrémité des premières feuilles juste après la levée, puis d'un marquage des feuilles de la base (nervures blanches) plus tard en végétation.

La sensibilité aux herbicides (SENCORAL notamment) est plus ou moins forte selon les variétés (photo 1). L'application d'herbicide juste à la levée des plantes et des conditions climatiques froides et humides favorisent les dégâts d'herbicides.

Les hormones appliquées sur la culture elle-même, ou dérivant d'une culture voisine, peuvent provoquer des dégâts. Parfois, les symptômes ne s'observent que sur la végétation de l'année suivante. Les plantes restent chétives, le feuillage est difforme (photo 2). Les feuilles ne se développent pas, avec des symptômes relativement typiques comme les tiges en crosse. Les symptômes peuvent apparaître dès la levée ou quelques semaines plus tard (photo 3), lorsqu'il s'agit de résidus d'herbicides dans le sol (photo 4).

D'autres herbicides (glyphosate…) peuvent provoquer même à faible dose (résidu de traitement dans un pulvérisateur mal nettoyé) des déformations sur les plantes issues de la récolte (photo 5).

Phytotoxicité des huiles (mineral oils damages)

Les huiles minérales provoquent divers dégâts sur le feuillage (brûlures, nécroses brunes, crispations, durcissement du feuillage qui prend des reflets métalliques…), notamment sur les jeunes feuilles du sommet. Ces symptômes, qui s'accompagnent d'un retard de croissance, sont accentués et sont très visibles lors de fortes chaleurs ou coups de froid, et lors de doses fortes et répétées, mais n'ont pas de conséquence sur la descendance.

Certains fongicides anti-mildiou sont incompatibles avec les huiles minérales (photo de ci-dessous : fluazinam + huile).

Brûlures de traitements sur tubercules (Chemical damages on tubers)

Tout traitement chimique est susceptible d'entraîner des problèmes mais, en pratique, les principaux problèmes sont rencontrés dans les cas suivants :

• Traitement Fungaflor TZ :

Dépressions à la surface des tubercules, pourritures éventuelles, baisses de rendement, retards à la levée.

Ce manque de sélectivité est dû à un mauvais ressuyage après le traitement ou à un traitement effectué sur des tubercules germés, ou immatures.

• Traitement défanant :

Pourriture au talon et brunissement de l'anneau vasculaire, favorisé par un défanage brutal, sur feuillage déshydraté, par forte chaleur ou fin de journée.

• Traitement antigerminatif au CIPC :

Présence de zones proéminentes brunes en surface

On observe ces symptômes lors d'application du CIPC sur tubercules humides et/ou fraîchement récoltés (moins de 2 semaines).

• Traitement de plant :

Des manques ou retard à la levée, baisse de rendement, plantes chétives s'observent parfois après des traitements de plant au printemps contre le rhizoctone.

Cette phytotoxicité s'observe notamment pour les traitements liquides avec un mauvais ressuyage et parfois une remise en frigo trop rapide.

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